TL;DR : Sauvegarde automatique de votre pellicule, albums, recherche, reconnaissance de visages : Immich fait tout ça comme Google Photos, mais sur votre propre serveur. Vos photos restent chez vous, elles ne servent à entraîner aucun modèle, et vous ne payez pas d'abonnement pour accéder à vos propres souvenirs. En échange, c'est vous (ou nous) qui opérez le serveur et ses sauvegardes.
Votre téléphone affiche encore « stockage presque plein ». Google vous propose, gentiment, de payer un abonnement mensuel pour garder vos propres photos. Et pendant ce temps, ces mêmes images alimentent des modèles d'intelligence artificielle que vous ne contrôlez pas. Il existe une autre voie, et elle a beaucoup mûri : Immich.
Le concept
Immich est une application de gestion de photos et de vidéos que vous installez sur votre propre serveur. L'application mobile sauvegarde automatiquement votre pellicule, exactement comme le ferait Google Photos, sauf que la destination est une machine que vous possédez. Le reste de la famille ou de l'équipe peut avoir son compte, avec ses albums et ses partages.
La différence n'est pas idéologique, elle est concrète : pas d'abonnement qui grimpe avec le volume, pas de balayage de vos images à des fins publicitaires ou d'entraînement, et la certitude de savoir exactement où vivent vos souvenirs.
Ce que ça fait, concrètement
Au-delà de la sauvegarde automatique, Immich offre une ligne du temps, des albums partagés, la recherche par mots-clés et la reconnaissance de visages. On retrouve l'essentiel de l'expérience à laquelle les services des géants nous ont habitués, sans la contrepartie sur la vie privée.
Comment on le met en place
Techniquement, Immich tourne en conteneurs avec une base de données : on l'installe sur un serveur au Québec, derrière un proxy inverse avec un certificat valide, et on configure l'application mobile pour la sauvegarde en arrière-plan. Comme les photos sont précieuses et irremplaçables, on applique la règle 3-2-1 des sauvegardes dès le départ : la copie Immich n'est pas une sauvegarde en soi, c'est une bibliothèque qu'il faut elle-même sauvegarder.
Notre façon de mettre Immich en place pour qu'il soit fiable :
- Serveur dédié avec assez de stockage pour la croissance (les vidéos pèsent lourd)
- Sauvegarde automatisée de la bibliothèque ET de la base de données, hors site
- Accès chiffré, comptes par personne, et un test de restauration avant de faire confiance
Les compromis à connaître
Immich a franchi le cap de la version 2.0 stable à l'automne 2025, sa toute première version « stable » après près de quatre ans de développement : le projet a adopté le versionnage sémantique, si bien que les mises à jour à l'intérieur d'une même série ne cassent plus votre configuration et que l'application mobile reste compatible avec le serveur. Il a poursuivi depuis sur une série 3.0 (été 2026). Cela dit, il continue d'évoluer vite : on garde un œil sur les notes de version, surtout lors d'un saut de version majeure. Ce n'est pas un service qu'on installe et qu'on oublie pendant cinq ans. La reconnaissance de visages et la recherche demandent aussi un serveur avec un minimum de muscle. Et, on insiste : Immich centralise vos photos, il ne les sauvegarde pas tout seul. Sans stratégie de copie, un disque qui lâche emporte tout.
Le bon usage
Immich est mûr pour quiconque veut rapatrier ses photos sans renoncer au confort. Pour une famille techno, c'est un projet de fin de semaine. Pour une organisation qui veut un service fiable sans s'occuper de l'administration, c'est exactement le genre de chose qu'on héberge et qu'on entretient. L'important, c'est de ne pas confondre « mes photos sont sur mon serveur » avec « mes photos sont en sécurité » : les deux se construisent ensemble.
Envie de sortir vos souvenirs du nuage des autres? On vous monte ça.
Sources
- Immich : site officiel et documentation
- Immich sur GitHub : code et notes de version